10.03.2026. Les chiffres d’exportations pour l’année 2025 viennent de sortir et sans surprise, la Suisse a plus que profité du réarmement mondial. Ces chiffres viennent démentir le prétendu “naufrage de l’industrie de l’armement” que la droite bourgeoise nous rabâche depuis des années. Face au retour d’un ordre guerrier, la Suisse choisit la complicité plutôt que la paix !
Alors que les bourgeois nous ont répété toute l’année que l’industrie suisse de l’armement était menacée et qu’il était vital d’assouplir les critères d’exportation. Force est de constater qu’une fois encore les entreprises d’armement s’en sont mis plein les poches ! Avec plus de 948 millions de matériel de guerre exporté, l’année 2025 se hisse à la deuxième position des années les plus fastes pour les marchands d’armes après le record de 2022.
Avec l’assouplissement de la loi sur le matériel de guerre, le Parlement a ouvert la voie à une dangereuse libéralisation des exportations d’armes. Si cette modification est approuvée par le peuple, les barrières qui permettaient un minimum de contrôle sur nos exportations tomberont et les chiffres des prochaines années continueront de grimper. Alors qu’un rapport du SIPRI nous apprend cette semaine que le volume mondial des exportations d’armes a augmenté de 10% en cinq ans, la Suisse, malgré sa taille, figure à la 20ème place des pays exportateurs d’armes.
“Avec le référendum sur le matériel de guerre, la population a l’occasion de rappeler à ses dirigeant·e·s, que le profit n’est pas le maître mot, et que nous ne voulons pas être complice des crimes commis aux quatre coins du monde” précise Rayyân Rehouma, secrétaire politique du GSsA.
Avec 386,4 millions, l’Allemagne reste de loin notre premier client, viennent ensuite trois régimes fers de lance de l’extrême droite internationale, les États-Unis (94,2 millions), la Hongrie (63,4 millions) puis l’Italie (62,2 millions). En armant des régimes guerriers et autoritaires qui violent allègrement le droit international, la Suisse participe activement à la destruction de l’ordre mondial tel qu’il a été bâti après la deuxième guerre mondiale. “Nous sommes en pleine période de bouleversement, il est crucial de s’interroger sur le rôle que la Suisse souhaite jouer. En soutenant le réarmement et la fascisation du monde, nous encourageons la mise en danger de l’humanité. » rappelle Rayyân Rehouma.
Après l’agression du Vénézuela, puis les bombardements en Iran la Suisse ne peut décemment plus continuer sa collaboration militaire avec les Etats-Unis, c’est pourquoi le GSsA a lancé une pétition exigeant l’arrêt de toute collaboration militaire avec les USA et Israël. En effet, par ses exportations et la poursuite de sa coopération en matière d’armement, la Suisse se rend directement complice des exactions commises, en tant que pays neutre et dépositaire des conventions de Genève nous avons une responsabilité particulière. Nos demandes d’annulation de l’acquisition des F-35 et des drones Elbit Systems restent d’actualité.
Par conséquent, le GSsA exige clairement qu’afin de préserver sa crédibilité, la Suisse mette fin à toute coopération militaire et en matière d’armement avec les États en guerre et, compte tenu des chiffres à nouveau frappants des exportations d’armes en 2025, renonce à tout prix à assouplir la loi sur le matériel de guerre.
