Campagnes choc de cercles proches de l’armée

Le budget de l’armée sera bel et bien doublé d’ici 2032. Le DDPS a réussi à mettre l’armée tout en haut de la liste des priorités du Parlement en utilisant des scénarios catastrophe. En parallèle à la campagne d’armement du DDPS, des campagnes venant de cercles proches de l’armée et qui se veulent également proches du peuple ont, eux aussi, mené des campagnes pour un réarmement de l’armée.

Ainsi l’association Pro Militia a utilisé des images de soldats à moitié nus générés par l’intelligence artificielle pour alerter sur une armée en piteux état. Évidemment, les campagnes peuvent être provocatrices et les soldats continuent à porter des tenues tout à fait normales. Néanmoins, un manque de moyens pour l’achat de chaussettes avait fait la une des journaux en été. Ce problème, comme de nombreux autres, est un problème que l’armée s’est créé elle-même. On se rend compte en regardant la liste des scandales des marchés publics de l’armée que ceux-ci sont dus à une mauvaise gestion et une fausse priorisation et non à un manque de moyens financiers. 

Une autre campagne est venue du Conseiller national Heinz Theiler et de son “offensive populaire pour une armée forte à l’horizon 2030”. Sur différents canaux, il parlait notamment d’une crise de sécurité politique sur un ton alarmiste. Avec son offensive populaire, il voulait se mettre en scène comme la “voix raisonnable venant du peuple”. Or, il se voit confronté à un problème qui se traduit également par le nombre de signatures de sa pétition : la population ne veut pas d’un surarmement massif de l’armée.

Selon l’étude “Sécurité publiée par l’académie militaire de l’EPFZ, une majorité de Suisses trouve en effet que les dépenses pour la défense sont trop hautes ou suffisantes. Près de 75 % des sondé·es n’étaient pas en faveur d’une augmentation du budget de l’armée en 2024.

Durant la session d’hiver, les défenseur·euses de l’armée ont alors torpillé une proposition qui voulait que le budget de l’armée puisse être soumis au référendum. Le financement de l’armée restera un sujet politique ces prochaines années sans que l’on sache d’où viendra l’argent pour le réarmement prévu. Il est donc grand temps que la population ait son mot à dire.