Lorsque les États-Unis, avec Israël, ont attaqué l’Iran le 28 février, le GSsA a réagi immédiatement. Et cela a eu des conséquences. JORIS FRICKER
La Suisse est championne du monde de l’incohérence. « Se débrouiller tant bien que mal » serait même, selon le conseiller fédéral Cassis, une recette du succès. Avec une telle approche, le pays peut sans difficulté pratiquer le deux poids, deux mesures. En théorie pourtant, il se réclame du droit international.
Cette contradiction apparaît clairement dans le choix de ses partenaires. La Russie a bien été sanctionnée après son agression contre l’Ukraine. Mais ces sanctions sont restées partielles et tardives.
Dans le même temps, les États-Unis, qui attaquent brutalement l’Iran en complicité avec Israël et frappent aussi le Liban, continuent d’être traités comme des partenaires occidentaux privilégiés. Face à cette situation, le GSsA a lancé en quelques heures une pétition après le début de la guerre. Elle exigeait l’arrêt immédiat de l’achat des F-35 et des acquisitions auprès d’Elbit. Elle demandait également la fin de toute coopération militaire et industrielle avec ces États.
La pétition a rapidement recueilli des milliers de signatures. Elle a aussi produit des effets, indirectement. Après trois semaines de guerre, le Conseil fédéral a décidé de ne plus autoriser de nouvelles exportations de matériel de guerre vers les États-Unis.
Cette décision était nécessaire. Elle reste pourtant incohérente. Elle ne concerne que les nouvelles demandes. Les contrats déjà conclus ne sont pas remis en question. Notre exigence d’un arrêt du F-35 est tombée dans l’oreille d’un sourd. Mais nous restons déterminé·es à poursuivre ce combat. L’eau finit toujours par creuser la roche.
