Défaite cuisante pour Service Citoyen : la Suisse ne souhaite pas renforcer son armée

30.11.2025. Les résultats sont tombés, le peuple refuse à plus de 80% l’initiative pour un service obligatoire, également connue sous le nom de « service citoyen ». Ce score montre que la population n’est pas dupe, et s’oppose à la militarisation forcée de notre société. Loin du vernis féministe que ses initiant-es ont voulu lui donner, ce projet d’extension de l’obligation de servir aux femmes ne fait que leur ajouté une contrainte supplémentaire. 

Présenté comme un progrès en faveur de l’égalité et de la protection de l’environnement, ce projet défendait en réalité une vision militariste de la sécurité. En effet, le texte prévoyait avant tout la garantie des effectifs de l’armée, ne laissant par conséquent aucune place au droit à l’objection de conscience. Derrière cette image, le projet de ce comité composé de 7 personnes ouvertement affiliées à l’armée n’était ni plus ni moins que le renforcement de l’armée. 

Car loin d’être une idée isolée, cette initiative s’inscrit dans un contexte de militarisation accrue des esprits, qui s’accompagne de toute une série de propositions qui visent à renforcer l’armée, au détriment de toute forme d’alternative. Au détriment également des services publics qui voient déjà leurs budgets fondre comme neige au soleil. Avec l’introduction d’une journée d’information obligatoire pour les femmes, le renforcement du service obligatoire au moyen de nouveaux modèles de service ou encore la modification de la loi sur le service civil, l’extension de l’obligation de servir aux femmes et le démantèlement du service civil que prévoyaient cette initiative sont déjà en cours. “ Ce résultat significatif montre que la population ne souhaite pas de renforcement de l’armée, et certainement pas au détriment des femmes. C’est également un avertissement pour les futurs projets du DDPS ” déclare Pauline Schneider, secrétaire politique du GSsA.

Le service civil représente un acquis obtenu à l’issue de luttes de longues haleines, permet d’offrir une alternative civile aux objecteurs de conscience et apporte un soutien à de nombreuses institutions. C’est pourquoi malgré une belle victoire ce dimanche, nous restons sur nos gardes car le service civil reste menacé de toutes parts et nous nous battons activement sur le terrain avec le référendum contre le démantèlement du service civil. Rayyân Rehouma, secrétaire du GSsA ajoute : “Bien sûr que ce résultat est un grand soulagement, il nous donne de la force pour continuer à nous battre sur tous les autres fronts, contre la marche forcée vers la militarisation.”

Le DDPS et l’industrie de l’armement profitent d’une tendance globale au réarmement, pour embarquer la Suisse dans cette voie mortifère. Nous ne participerons pas à ces projets bourgeois et continuerons à nous opposer fermement à tout renforcement de l’armée ainsi qu’à dénoncer toute forme d’instrumentalisation des luttes féministes. Nous exigeons au contraire une vraie réponse face aux défis sociaux et écologiques de notre époque qui constituent selon nous le réel danger pour notre sécurité et celle des générations futures.

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