Exportations d’armes : les chiffres explosent, les arguments pour défendre les assouplissements s’effondrent

Exportations d’armes : les chiffres explosent, les arguments pour défendre les assouplissements s’effondrent

Les nouvelles statistiques du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) dressent un constat sans ambiguïté : les exportations suisses de matériel de guerre connaissent une nouvelle envolée. Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2026, la Suisse a exporté pour 735,8 millions de francs de matériel de guerre. En un an, les exportations voient ainsi une hausse de 16,39%. 

Ces chiffres des neufs premiers mois de 2026 contredisent frontalement le discours selon lequel les règles actuelles d’exportation menaceraient la survie ou la compétitivité de l’industrie suisse de l’armement. Au contraire : après seulement neuf mois, elles dépassent déjà de 10% les exportations de l’ensemble de l’année 2024. Pour que tout le monde puisse explorer l’ampleur des exportations de matériel de guerre suisse à travers l’histoire, le site interactif materieldeguerre.ch retrace toutes les exportations d’armes suisses et les nombreux scandales qui y sont liés.

Une explosion des exportations vers certains pays
Les exportations vers l’Arabie saoudite voient  une hausse de plus de 911 %. Vers la Malaisie, elles ont augmenté de 293,7%, atteignant 6,49 millions de francs.

Les hausses sont également considérables vers plusieurs pays européens : l’Italie voit une augmentation de 95,5 %, et l’Autriche de 106%. L’Allemagne qui se réarme massivement depuis quelques années, demeure le premier pays destinataire avec 208.5 millions de francs de matériel de guerre. Autre augmentation flagrante: la Lettonie (+952 %) et la Lituanie (+9’750 %), qui ont toutes deux été ajoutées à l’annexe 2 de l’OMG, ce qui leur permettra (en cas d’acceptation de la nouvelle loi) de recevoir du matériel de guerre même en cas d’implication dans un conflit armé.

« Ces chiffres montrent une réalité très différente du récit alarmiste de l’industrie de l’armement. Les exportations suisses ne sont pas étranglées par la législation : elles explosent. Les chiffres démontrent qu’il n’existe aucune urgence économique qui justifierait de démanteler les garde-fous actuels. » commente Rayyân Rehouma, membre de la co-présidence de l’Alliance. 

Des règles nécessaires
La baisse des exportations vers les États-Unis intervient alors que le SECO indique qu’aucune nouvelle demande d’exportation définitive de matériel de guerre vers les États-Unis n’a été approuvée depuis l’escalade du conflit avec l’Iran le 28 février 2026, en application du droit actuel. « Cela démontre précisément pourquoi les règles existantes sont nécessaires : elles permettent à la Suisse de tenir compte des conflits armés et d’empêcher certaines exportations lorsque les conditions légales ne sont pas réunies.» explique encore Rayyân Rehouma. Malgré tout, la valeur des exportations se monte à 25,2 millions en seulement deux mois