Abolir l'armée...

Créer un service pour la paix ...

Consultez notre nouvel argumentaire!

Chiffres définitifs:

Nombre de signatures
SCP SSA:
Récoltéees par le GSsA127'491124'850
Déposées à la Chancellerie fédérale
le 14 septembre 1999
113'532111'000
Validées par la Chancellerie
le 25 octobre 1999
113'299110'855

Bravo à toutes et à tous!

Images de la remise des signatures (en allemand). Textes de la conférence de presse du GSsA.

Il est temps de sortir de l'ère militaire:

Les dépenses militaires dans le monde s'élevaient en 1995 à 882 milliards de dollars US, par contre on a dépensé globalement seulement 15.8 milliards pour la paix. Chaque habitant(e) de la planète dépense seulement 3 dollars pour la politique de paix, mais "claque" 176 dollars pour l'armement militaire.
Tiré de : Peter Hug, Dossier sur le traitement des conflits dans l'après guerre froide.

Les deux initiatives lancées par le GSsA

Textes définitifs

Initiative pour l'abolition de l'armée

«Pour une politique de sécurité crédible et une Suisse sans armée»

I: La constitution fédérale est modifiée comme suit:

Art. 17

  1. La Suisse n'a pas d'armée.
  2. Il est interdit à la Confédération, aux cantons, aux communes et aux particuliers d'entretenir des forces militaires armées. Les dispositions concernant la participation armée à des activités internationales en faveur de la paix à l'étranger sont réservées. Elles seront obligatoirement soumises à une votation populaire. La participation de la Suisse avec des unités non armées n'est pas visée.
  3. Les tâches civiles actuellement assurées par l'armée, comme l'aide en cas de catastrophe ou les services de sauvetage, sont prises en charge par les autorités civiles de la Confédération, des cantons et des communes.
Art. 18

La politique de sécurité de la Confédération vise à réduire les injustices qui causent des conflits, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Elle obéit aux principes de la démocratie, des droits de l'homme et de la gestion non violente des conflits. La Confédération encourage en particulier l'égalité des chances et des relations équitables entre les sexes, les groupes sociaux et les peuples, ainsi qu'une distribution des ressources naturelles équitable et respectueuse de l'environnement.

II: Les articles 13, 15, deuxième phrase, 19 à 22, 34ter, 1er alinéa, lettre d, 42, lettre c, 85, chiffre 9, et 102, chiffre 11, de la constitution fédérale sont abrogés.

III: Les dispositions transitoires de la constitution fédérale sont complétées comme suit:

Art. 24 (nouveau)

  1. Après l'acceptation par le peuple et les cantons des articles 17 et 18 de la constitution, il n'y aura plus d'écoles de recrues, de cours de répétition ni de cours d'instruction militaire.
  2. Les effectifs de l'armée seront dissous, ses appareils et ses installations affectés à un usage civil ou détruits dans un délai de dix ans.
  3. La Confédération encourage la reconversion des entreprises et des administrations touchées par le désarmement dans la production de biens et de services civils. Elle soutient les régions concernées et les personnes dont les emplois sont touchés.

Abolir l'armée

La Suisse n'est pas menacée militairement. Les États démocratiques européens ont compris, au moins depuis 1945, que la solution des différends entre eux ne peut plus passer par des conflits armés, mais plutôt par la coopération (UE, OSCE). Même les experts en stratégie affirment qu'il faudrait au moins dix ans d'efforts conséquents pour que l'appareil militaire de la Russie puisse reconstituer une «menace» sérieuse pour l'Europe (et dans son état actuel, elle est très loin d'en avoir les capacités). Loin d'être une nécessité, la défense nationale armée constitue plutôt un lourd fardeau (12 milliards entre coûts directs et indirects) que l'on concède à cette partie de la Suisse qui veut continuer à se bercer dans une image de la Suisse d'hier (militarisée, neutre, indépendante et meilleure que les autres).

Ce n'est pas par ses moyens militaires que la Suisse va pouvoir s'ouvrir à l'extérieur. «Ni l'OTAN ni l'UEO n'ont besoin d'être renforcés par des bataillons de l'armée suisse» constatait l'ex-chef d'état-major Arthur Liener. Et l'alors ministre de la défense américain, William Perry, lors de sa visite à Berne le 2 février 1996, estimait qu'en Bosnie il y avait suffisamment de forces militaires mais pas assez de moyens pour reconstruire les infrastructures et l'économie, d'où sa demande à la Suisse pour qu'elle fournisse une contribution civile pour la construction de la paix dans ce pays.

L'initiative du GSsA n'exclut pas la possibilité pour la Suisse de participer à des interventions internationales en faveur de la paix. Si la Suisse tient absolument à le faire avec des unités armées, nous exigeons que les principes et les modalités d'une telle participation soient clairement définis et soumis à votation populaire.




Initiative pour la création d'un service pour la paix

«la solidarité crée la sécurité: un service civil volontaire pour la paix»

I: La constitution fédérale est complétée comme suit:

Art 8 bis (nouveau)

  1. La Suisse entretient un service civil pour la paix (SCP) comme instrument d'une politique active de paix.
  2. Le service civil pour la paix contribue à la réduction et à la prévention des situations de violence, à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Dans ce but il prend notamment des mesures en vue de la reconnaissance précoce et de la prévention des potentiels de violence, de la protection des conditions de la vie, de la résolution pacifique des conflits violents et de la reconstruction sociale.
  3. La collaboration au service civil pour la paix est volontaire. Les personnes servant dans le cadre du service civil pour la paix sont indemnisées de manière équitable pour les engagements ainsi que pour la formation et le perfectionnement spécifiques. On veillera à ce que la proportion des hommes et des femmes soit équilibrée parmi les engagés.
  4. En collaboration avec des institutions de l'Etat, des organisations non gouvernementales et des particuliers, le service civil pour la paix offre une formation de base qui fournit les connaissances et la pratique permettant la gestion non violente des conflits. Cette formation prépare aux engagements du service civil pour la paix et est offerte gratuitement à toute personne résidant en Suisse.
  5. Le service civil pour la paix assure la formation et le perfectionnement spécifiques des engagés. Il tient compte de leurs qualifications personnelles et du besoin.
  6. Le service civil pour la paix organise des engagements non armés pour la paix, à la demande d'organisations non gouvernementales, d'institutions de l'Etat et d'organisations internationales. Il travaille en étroite collaboration avec les organisations locales.
  7. Le service civil pour la paix est financé par des fonds publics. En général, il délègue la préparation et l'exécution des engagements à des organisations non gouvernementales appropriées.
  8. Une commission indépendante, dans laquelle les deux sexes sont représentés paritairement, suit et surveille la conception et l'exécution de la formation de base, de la formation et du perfectionnement spécifiques, ainsi que des engagements du service civil pour la paix. Y collaborent notamment des organisations qui défendent les intérêts pacifistes, des femmes, de l'environnement, des migrants ainsi que de l'aide au développement.
II: Les dispositions transitoires de la constitution fédérale sont complétées comme suit:

Art. 25 (nouveau)

  1. Les engagements ainsi que la formation et le perfectionnement spécifiques dans le cadre du service civil pour la paix (SCP), selon l'article 8bis de la constitution fédérale équivalent à un empêchement de travailler sans faute de la part du travailleur. La protection contre le congé est régie par les dispositions sur le service civil.
  2. Le service civil pour la paix ne doit pas compromettre des emplois existants ni entraîner une dégradation des conditions de travail.
  3. Tant que la Suisse maintiendra un service civil, les jours accomplis pour la formation de base, pour la formation et le perfectionnement spécifiques et pour les engagements dans le cadre du service civil pour la paix seront pris en compte au titre de l'accomplissement du service civil.
  4. Si dans un délai de cinq ans, aucune loi d'exécution de l'article 8bis de la constitution fédérale n'est entrée en vigueur, le Conseil fédéral réglera les modalités du service civil pour la paix par voie d'ordonnance.

Créer un service pour la paix

Les moyens civils pour la prévention et la solution des conflits restent encore insignifiants en comparaison de ceux consacrés à la conduite militaire des conflits (en 1994, le budget de l'OTAN s'élevait à 1,2 milliards de FS, alors que l'OSCE ne pouvait compter que sur 30 millions de FS).

Plutôt que de chercher une petite place parmi les grandes puissances militaires, la Suisse pourrait offrir des grands services en développant des compétences qui lui sont déjà reconnues dans des domaines où l'action internationale fait encore largement défaut:

L'initiative pour un SCP garde tout son sens même en cas de rejet de l'initiative pour l'abolition de l'armée. Elle permettrait un élargissement fort souhaité du champ d'activité de l'actuel service civil dans le domaine nouveau de la prévention des conflits, à l'intérieur comme à l'extérieur de la Suisse, et cela sans faire de la concurrence, par exemple au niveau des emplois, aux secteurs de l'aide sociale ou de l'assistance sanitaire.

Les réunions des groupes locaux du GSsA sont ouvertes à toutes et à tous. N'hésitez pas à y participer. Vous pouvez aussi nous écrire par courrier électronique (gssa@iprolink.ch).