Ce « non » net à l’initiative de l’UDC est avant tout une prise de distance par rapport à la « neutralité dictée par le profit ». Si le pourcentage de oui au sein de la gauche est tombé en dessous de 10 %, c’est en grande partie grâce à la campagne contre la neutralité du profit, mise en place par un grand nombre d’organisations de gauche.
Le verdict rendu contre l’initiative sur la « neutralité » confirme le soutien massif, déjà mis en évidence par les sondages, en faveur des sanctions contre les pays qui violent le droit international. Il confirme en outre que la majorité de la population ne souhaite pas inscrire le principe de neutralité armée dans notre Constitution. Étant donné que quatre cinquièmes de la population restent attachés à la neutralité, le résultat du scrutin ne peut être interprété comme un ralliement à l’OTAN, ni même comme une adhésion à cette organisation. La coopération avec l’OTAN se heurte très rapidement aux limites de la milice et de la neutralité.
On peut aujourd’hui notert le faible pourcentage de « oui » au sein de la gauche, alors que la campagne abusive de l’UDC et de ses acolytes, avec la colombe de la paix et John Lennon, visait tout particulièrement cette dernière. « Seule une campagne critique à l’égard de l’OTAN et de l’armement pouvait dissuader la gauche, elle-même critique à l’égard de l’OTAN et de l’armement, de soutenir ce texte. C’est ce que nous avons fait », explique Pauline Schneider, secrétaire politique du GSsA. L’influence de l’appel « Non à la neutralité armée au service du profit » transparaît également dans les résultats du sondage. Alors que le taux de « oui » au sein de la gauche s’élevait encore à un peu plus de 13 % début août, il est tombé sous la barre des 8 % entre mi-août et début septembre, soit dans le même temps que le lancement de l’appel.
Ce succès face à l’initiative de l’UDC rend le GSsA confiant dans la lutte contre la révision de la loi sur le matériel de guerre, marquée par le soutien de l’UDC. Pauline Schneider, secrétaire politique du GSsA, conclut : « L’UDC, partenaire de Swissmem, aura sans doute du mal à affirmer cet automne que la promotion des exportations de matériel de guerre est plus importante que la paix, après avoir déclaré cet été qu’il n’y avait rien de plus important que l’absence de guerre. »
