Le Conseil fédéral passe sous silence le TIAN

Dans son rapport sur la politique extérieure 2023 paru aujourd’hui, le Conseil fédéral a totalement omis de mentionner le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), le plus important traité de démilitarisation nucléaire. 

En 2022 encore, le Conseil fédéral écrivait qu’il allait examiner la position de la Suisse sur ce traité. Malgré une demande acceptée par le Parlement en 2018, aucune avancée n’a été faite jusqu’à aujourd’hui. Pire, dans son rapport de 2023, le Conseil fédéral ne fait même plus mention de ce thème. Pourtant, l’interdiction globale des armes nucléaires est une question de droit humain, de protection de l’humanité et un pas en direction d’un monde plus sécurisé. D’autant plus que dans sa Stratégie de politique extérieure 2024-2027, le Conseil fédéral note dans ses objectifs être “favorable à un monde sans arme nucléaire”, et vouloir agir dans ce sens. 

Florian Eblenkamp, responsable de plaidoyers à ICAN, campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, explique “Le TIAN correspond à la tradition humanitaire et aux intérêts de la Suisse en matière de sécurité. Face à la menace nucléaire croissante, il est plus important que jamais. Il est incompréhensible que le Conseil fédéral continue de garder le silence sur le TIAN”. Bien que le Conseil fédéral ait annoncé une décision au premier trimestre 2023, rien n’a été fait. En été 2023, la CPE-N avait encore rappelé au Conseil fédéral d’adhérer au traité. 

“Cette omission du Conseil fédéral inquiète. Comment parler de paix et de sécurité tout en n’adhérant pas au plus important traité de démilitarisation ?” souligne Pauline Schneider, secrétaire au GSsA. En raison de l’inaction du gouvernement, ICAN, le GSsA et une grande alliance de la société civile, ont annoncé lancer cet été une initiative populaire, demandant l’adhésion de la Suisse au TIAN. “Que le Conseil fédéral ne se donne même pas la peine de mentionner ce traité de la plus haute importance, mais qu’il annonce vouloir réévaluer sa stratégie de contrôle des armements et de désarmement nucléaire revient à brasser de l’air.” ajoute Pauline Schneider.

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