28.05.2026 Le Conseil fédéral a décidé de faciliter davantage les exportations suisses de matériel de guerre vers tous les pays de l’UE et de l’AELE dès le 1er juillet 2026. Jusqu’ici, certains États européens bénéficiaient déjà de règles allégées ; désormais, cette exception sera étendue à l’ensemble de l’Espace économique européen.
Alors qu’une augmentation de plus de 16% des exportations de matériel de guerre est déjà à noter pour le premier trimestre de 2026, le Conseil fédéral entend rallonger la liste des pays figurant dans l’Annexe 2 de l’Ordonnance sur le matériel de guerre. Parmi ces pays, certains n’ont pas signé les traités internationaux sur le désarmement relatifs aux mines terrestres et aux mines antipersonnel. “Cette décision suit la ligne politique du lobby de l’armement et de la majorité bourgeoise : répéter que l’industrie de guerre se porte mal afin d’assouplir les critères d’exportation. Mais la réalité est qu’il s’agit d’un secteur en pleine forme” critique Pauline Schneider, secrétaire politique au GSsA.
Concrètement, cela signifie moins de contrôles et moins d’obstacles administratifs pour les entreprises d’armement suisses qui exportent vers ces pays. Par exemple : certaines opérations de courtage ou de transfert de savoir-faire militaire ne nécessiteront plus d’autorisation spécifique, les exigences de non-réexportation seront assouplies, les contrôles sur place pourront être supprimés et des licences générales d’exportation seront plus facilement accordées.
Il y a surtout un enjeu politique important derrière cette annonce : le Conseil fédéral prépare le terrain pour la votation sur le référendum sur la révision de la loi sur le matériel de guerre. Cette révision permettrait d’exporter du matériel de guerre vers des « États partenaires » (Annexe 2) même lorsqu’ils sont impliqués dans un conflit armé. “C’est un démantèlement absolu de la loi telle que nous la connaissons. La Suisse a pourtant besoin de gardes-fous afin de ne pas répéter les erreurs du passé, et cette décision normalise les exportations d’armes vers des États potentiellement impliqués dans des guerres” insiste Pauline Schneider.
Le GSsA critique cette manœuvre qui n’est certes pas surprenante, mais vicieuse. Ce faisant, il se rapproche encore davantage des logiques militaires de l’OTAN et de l’industrie européenne de l’armement, affaiblit les garanties de neutralité et de contrôle démocratique et tente de banaliser cette évolution avant la votation populaire.
