Alliance pour l’interdiction des armes nucléaires
Le Conseil fédéral a décidé aujourd’hui de rejeter l’initiative populaire « Pour l’adhésion de la Suisse au Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires (Initiative pour l’interdiction des armes nucléaires) », sans proposer de contre-projet. L’Alliance pour l’interdiction des armes nucléaires exprime sa profonde déception face à cette décision et la critique comme incohérente sur le plan de la politique de sécurité, discutable sur le plan démocratique, et incompatible avec la neutralité suisse.
72 % de la population soutient l’adhésion
Un sondage représentatif réalisé par l’Institut Demoscope en novembre 2025 l’indique sans équivoque : 72 % des votantes et votants suisses soutiennent l’adhésion de la Suisse au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), avec des majorités dans tous les partis : UDC 51 %, PLR 68 %, Le Centre 78 %, PS/Verts/PVL 92 %. Le soutien est aussi élevé en Suisse alémanique qu’en Suisse romande, dans les zones urbaines comme rurales. En rejetant l’initiative, le Conseil fédéral ignore la volonté démocratique clairement exprimée de la population.
Dès 2018, le Conseil national et le Conseil des États ont demandé à la majorité, et de façon multipartite, au Conseil fédéral de signer et ratifier le traité. Depuis lors, le gouvernement esquive ce mandat, avançant des justifications successivement démenties par les faits au fil des années.
Aucune raison objective contre l’adhésion – seulement la pression de l’OTAN
Le Conseil fédéral a lui-même confirmé qu’une adhésion au TIAN « n’exclurait aucun domaine de coopération » (rapport sur le postulat Dittli, janvier 2024). Dans sa réponse à l’interpellation de Beat Flach (PVL), il a réaffirmé qu’aucun projet de coopération en matière de sécurité, existant ou planifié, ne serait affecté par une adhésion.
Il n’existe donc aucune raison juridique, aucune objection sécuritaire, aucune réserve substantielle à l’adhésion. Ce qui demeure, c’est un seul facteur : la pression de certains États membres de l’OTAN. Selon le rapport du groupe de travail interdépartemental (GTID), des diplomates de l’OTAN avaient « signalé de manière répétée et persistante » qu’une adhésion serait perçue comme un signal problématique. Le Conseil fédéral refuse d’adhérer à un traité que la Suisse a elle-même contribué à négocier – à la demande d’une alliance militaire à laquelle la Suisse n’appartient pas.
Prendre au sérieux la neutralité et la responsabilité humanitaire
La Suisse considère sa neutralité militaire comme une composante de son identité nationale. Elle est État dépositaire des Conventions de Genève, accueille le CICR et de nombreuses institutions onusiennes. En 2017, elle a voté en faveur de l’adoption du TIAN aux côtés de 121 autres États. C’est précisément cette tradition qui fait de l’adhésion au TIAN la conséquence logique de la politique étrangère suisse.
Pourtant, rendre la décision d’adhésion de la Suisse à un traité de droit international de facto dépendante de l’approbation d’une alliance militaire étrangère remet en cause cette tradition. La neutralité n’est pas un vain mot – elle n’est crédible que lorsqu’un pays définit et défend ses propres intérêts indépendamment des blocs militaires.
La propre Stratégie de politique de sécurité du Conseil fédéral, présentée en décembre 2025, identifie les armes nucléaires comme l’une des plus grandes menaces pour la Suisse et le monde. Elle souligne que la sécurité de la Suisse est mieux préservée en renforçant le droit international humanitaire et le multilatéralisme. Cette conclusion rend la décision du Conseil fédéral d’aujourd’hui d’autant plus incohérente.
L’initiative est soumise au peuple
Ayant déposé plus de 130 000 signatures, l’Alliance pour l’interdiction des armes nucléaires a satisfait à toutes les exigences formelles pour lancer l’initiative. Le peuple suisse se prononcera maintenant directement. L’Alliance est convaincue : si l’initiative aboutit à une votation populaire, le peuple suisse fera ce que le Conseil fédéral a refusé – et votera en faveur de l’adhésion au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

