Selon l’étude 2024 du SIPRI[1], la sécurité mondiale a continué de se dégrader en 2023, comme dans les décennies précédentes. Dans certains cas, des améliorations ont pu être notées dans le domaine de la paix et de la sécurité, mais dans la grande majorité des cas, la situation s’est dégradée de façon marquée et durable.
Ce sont surtout deux guerres qui ont attiré l’attention du monde entier et qui ont mené à des efforts diplomatiques et des discussions politiques. D’une part, il s’agit là de la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine, où, pour l’heure, aucun des deux pays n’a pu s’imposer. D’autre part, il s’agit de l’escalade massive du conflit entre Israël et la Palestine. La réaction militaire d’Israël est largement perçue comme étant disproportionnée, au vu de sa répercussion sur la population civile.
En 2023, des conflits armés sévissaient également dans 50 autres pays. Au Soudan et en République démocratique du Congo, des millions de personnes ont été forcées de fuir des conflits violents, l’aide humanitaire n’a que difficilement pu être distribuée à ces personnes et une vague de famine importante s’est répandue. Au Myanmar, les affrontements ont de nouveau repris de plus belle tandis que dans certains États d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, les groupes criminels constituent la plus grande menace régionale en termes de sécurité. Les structures étatiques pratiquement détruites en Haïti en sont un exemple.
De plus, la Russie a suspendu sa participation à New START, le dernier traité de désarmement nucléaire qui la lie aux Etats-Unis. En résumé, les dépenses militaires de 2023 ont augmenté pour la neuvième année consécutive et ont dépassé le niveau record de 2022, qui était de 2440 milliards de dollars.
Il est effrayant de voir que les parties prenantes aux grands conflits armés ne semblent pas vouloir résoudre la situation autrement que par une victoire ou l’annihilation mutuelle. Les raisons structurelles qui mènent à la violence sont un grand obstacle aux tentatives internationales de coordination efficace de la paix. Evidemment, cela n’exempte aucun Etat de s’y engager activement, surtout pas la Suisse avec sa tradition humanitaire. Ces dernières années, celle-ci a de moins en moins osé mettre ses bons offices au service de la résolution de conflits en cours.
Au XXIème siècle, il est complètement dépassé, dispendieux et contre productif d’orienter sa politique vers la concentration du pouvoir uniquement pour servir ses propres intérêts. Nous vivons toutes et tous sous le même ciel et nous partageons une planète sur laquelle nous devons coexister. Il y aura toujours des rivalités et des conflits – je ne suis pas idéaliste au point de penser que nous pourrons un jour nous en défaire. Pourtant, un surarmement sans limite n’est pas la voie vers plus de sécurité dans ces temps marqués par l’insécurité et les nombreuses crises géopolitiques. Faisons en sorte qu’en 2025, la communauté internationale continue à se développer grâce à la coopération, afin que nous puissions relever aussi bien que possible les défis d’aujourd’hui et de demain !
