Un communiqué de presse commun de CIVIVA, du GSsA, du PS, des Vert-e-s, des Jeunes Vert·e·x·s et du PEV
Depuis le 1er octobre 1996, grâce à l’entrée en vigueur de la loi sur le service civil, il est possible en Suisse d’effectuer un service civil à la place du service militaire. Trente ans plus tard, le service civil, qui bénéficie d’un large soutien, lutte pour sa survie. Deux motions demandent l’intégration du service civil dans la protection civile.
Un regard sur le passé révèle l’histoire mouvementée du service civil. Avant son introduction, les hommes aptes au service militaire risquaient une peine de prison ou de travail d’intérêt général s’ils ne pouvaient concilier le service militaire avec leur conscience. Depuis le 1er octobre 1996, soit depuis exactement trente ans, plus personne ne risque de sanction pour sa position à l’égard du service militaire.
Jusqu’en 2009, quiconque souhaitait accomplir un service civil devait se soumettre à un examen de conscience. L’ancien conseiller national et ancien président de la Fédération suisse du service civil (CIVIVA), Heiner Studer, a joué un rôle déterminant dans le remplacement de cette procédure fastidieuse par la solution de la preuve par l’acte.
Aujourd’hui, le service civil est si profondément ancré dans la société que son histoire mouvementée et ses origines sont souvent oubliées. Sur le plan politique, il est toutefois soumis à une forte pression : dans un postulat, le Conseil national demande la réintroduction de l’examen de conscience. De plus, par des motions de teneur identique et déjà transmises, le Conseil national et le Conseil des États demandent la fusion du service civil et de la protection civile en ce que l’on appelle un “service de protection contre les catastrophes”. Les documents du Conseil fédéral correspondant indiquent clairement que le service civil tel qu’il existe aujourd’hui n’aura plus sa place dans ce nouveau service. Dans ce cadre, la priorité serait donnée aux « tâches relevant de la sécurité et de la protection de la population », à savoir les tâches actuelles de la protection civile. Ce n’est qu’à titre secondaire que ce service fournirait aussi des prestations relevant de l’actuel service civil – pour autant qu’elles soient jugées pertinentes pour la sécurité. Le Conseil fédéral y inclut les domaines d’activité de la santé, du social et de l’environnement. Le nombre de jours de service accomplis dans ces domaines serait massivement réduit. Les prestations actuelles du service civil dans tous les autres domaines – école, agriculture, préservation des biens culturels, coopération au développement et aide humanitaire – disparaîtraient entièrement.
Les attaques contre un service civil qui fonctionne et bénéficie d’un large soutien doivent être rejetées et condamnées. Toute tentative de démantèlement du service civil continuera d’être combattue avec détermination à tous les niveaux.
