L’initiative pour l’interdiction des armes nucléaires sera déposée !

L’Alliance pour l’interdiction des armes nucléaires a recueilli les signatures nécessaires à la réalisation de son initiative populaire visant à faire adhérer la Suisse au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

L’alliance, qui regroupe des organisations de la société civile et des partis politiques, a recueilli bien plus que les 100’000 signatures requises, ouvrant ainsi la voie à un vote national.

Cette décision intervient après plusieurs années d’hésitation de la part du Conseil fédéral qui, malgré son rôle de premier plan dans les négociations du TIAN (sous l’ancien conseiller fédéral Burkhalter et l’ancienne conseillère fédérale Calmy-Rey) et malgré le mandat parlementaire donné par la motion 17.4241, a jusqu’à présent refusé de signer le traité. Le Conseil national et le Conseil des États ont tous deux pris des décisions en faveur de l’adhésion en 2018, 2019 et 2023.

La Suisse a une longue tradition humanitaire et une politique de neutralité qui l’incitent à prendre clairement position contre les armes nucléaires. Néanmoins, l’adhésion a été bloquée ces dernières années, notamment par le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis, qui cède à la pression considérable exercée par les États dotés d’armes nucléaires.

Plusieurs villes suisses, de nombreuses organisations et de nombreux représentants politiques ont déjà déclaré leur soutien à l’adhésion. Les sondages et les réactions de la population soulignent également le large soutien dont bénéficie cette initiative. Lancée le 2 juillet dernier, l’initiative populaire a reçu un large soutien dans toutes les régions du pays. Le 23 décembre, plus de 135’000 signatures seront remises à la Chancellerie fédérale lors d’un événement public à Berne.

Pauline Schneider, secrétaire politique du GSsA :

« En ces temps particuliers, la Suisse doit s’engager en faveur du droit international, du désarmement et de la promotion de la paix. Tous les efforts déployés pour promouvoir la paix et la médiation à l’échelle mondiale sont compromis par la non-adhésion au TIAN. Le peuple a maintenant la possibilité de corriger cela. »

Annette Willi, ICAN :

« Le Parlement a déjà décidé l’adhésion de la Suisse au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Il est inacceptable que d’autres États dictent notre politique en matière d’armes nucléaires. En tant que pays neutre, nous n’avons aucune influence sur les stratégies nucléaires des États dotés de telles armes, mais nous serions fortement touchés par leurs conséquences. Le TIAN offre enfin à la Suisse une plateforme pour réduire ces risques avec des États partageant les mêmes idées. La population attend désormais que le Conseil fédéral signe le traité. »

En tant que pays neutre, qui ne bénéficie pas d’un parapluie nucléaire et n’est pas membre de l’OTAN, la Suisse ne rencontre aucun obstacle juridique ou politique à l’adhésion au TIAN. La position contre toutes les armes nucléaires – et pas seulement contre celles de certains États – est conforme à la neutralité.

La Suisse se considère également comme la gardienne du droit international humanitaire et accueille de nombreuses organisations des Nations unies ainsi que le CICR à Genève. L’adhésion au TIAN renforcerait ce rôle et augmenterait la crédibilité de la politique étrangère suisse en alignant ses actions sur ses principes déclarés et son obligation constitutionnelle de promouvoir la paix.

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