Cette résolution fait état de la situation au 9 avril 2026.
Nous vivons dans un monde de plus en plus marqué par l’absence de paix et l’injustice. Un monde où des chefs de guerre tels que Poutine, Trump et Netanyahou veulent détruire le droit international, dont font partie les droits humains, ainsi que l’ONU. Ces trois acquis universels faisaient partie des leçons les plus importantes tirées de la barbarie fasciste après la Seconde Guerre mondiale.
La menace de Trump de « détruire toute une civilisation » montre à quel point le prétexte de la guerre d’agression menée conjointement avec Israël était fallacieux : sauver le peuple iranien du régime meurtrier des mollahs. Et elle rappelle le soutien apporté par les États-Unis à la destruction et au génocide perpétrés à Gaza par l’armée israélienne. En Ukraine, l’armée russe attaque systématiquement des infrastructures civiles. Elle le fait notamment avec des armes qu’elle doit à des fonds et des biens provenant de Suisse.
Nous vivons dans une Suisse qui, en remplissant les caisses de guerre et en alimentant les machines de guerre, se rend complice des grands et petits seigneurs de guerre. Qui, en poursuivant sa coopération en matière d’armement et militaire avec les parties belligérantes au Proche-Orient, fait passer la loi du plus fort avant la force du droit. Face au plus grand de tous les dangers pour l’humanité, le danger nucléaire, la Suisse échoue également. Par égard pour la stratégie nucléaire de l’OTAN, elle n’est pas disposée à signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires de l’ONU. De plus, la Suisse participe à l’armement et aux mesures d’austérité au détriment du social, de l’environnement et de la solidarité avec les plus pauvres du monde.
La militarisation, l’armement et les exportations d’armes sont étroitement liés et doivent être combattus ensemble. Dans le cadre de cet engagement global, le GSsA a, rien qu’au cours des 22 derniers mois, contribué à recueillir environ 150’000 signatures pour une initiative, deux référendums et deux pétitions, et a certifié 210’000 signatures. L’initiative populaire pour la signature du Traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires nous occupera à nouveau beaucoup à partir de l’année prochaine. Elle revêt une grande importance pour la politique de paix et de neutralité.
Grâce au référendum sur le service civil que nous avons soutenu, nous sommes désormais en mesure de défendre l’une des plus importantes avancées pacifistes et antimilitaristes de l’histoire du GSsA. Le service civil, adopté en mai 1992, est une conséquence du vote historique « Pour une Suisse sans armée et pour une politique de paix globale » de novembre 1989. Nous voulons assumer la responsabilité qui en découle en participant activement à la campagne référendaire en cours. Nous sommes également solidaires des personnes qui résistent à la guerre et font valoir leur objection de conscience ailleurs dans le monde.
Les durcissements de la loi sur le matériel de guerre (LFMG) sont eux aussi la conséquence d’une initiative populaire fortement soutenue par le GSsA : l’initiative correctrice de 2019. Cependant, les partis bourgeois ne veulent pas seulement revenir sur les progrès réalisés à l’époque, mais aussi permettre l’exportation d’armes vers presque tous les pays. Le référendum sur la LFMG, organisé en peu de temps, nous offre l’occasion de mener une campagne internationaliste contre la guerre. La question des exportations de matériel de guerre concerne des vies humaines dans d’innombrables pays du monde. Par exemple au Soudan, où les auteurs de massacres des Forces de soutien rapide sont équipés par les Émirats arabes unis, un client important de l’industrie d’armement suisse.
La campagne référendaire contre les exportations de matériel de guerre s’inscrit parfaitement dans notre rejet, décidé lors de l’Assemblée générale de l’année dernière, de la « neutralité armée des nantis » telle que la propose l’initiative de l’UDC : «En refusant les sanctions, la Suisse doit pouvoir faire des affaires avec tout le monde. Avec l’absolutisation et la militarisation de la « neutralité armée », qui serait pour la première fois inscrite dans la Constitution fédérale, la Suisse fait ses adieux politiques et humanitaires au monde. Au lieu d’être consacré à la solidarité, l’argent doit aller à l’armement» (Résolution du 11 mai 2025)
Le GSsA rejette tant la voie militaire solitaire que la coopération avec l’OTAN. Celle-ci est également extrêmement coûteuse, comme le montre le F-35, avion compatible avec l’OTAN. Aujourd’hui, la Suisse s’arme pour emprunter la voie militaire solitaire et se rapproche avec l’OTAN. Nous opposons à ces deux options une neutralité civile, solidaire et pacifiste, dans le cadre du droit international et de l’ONU, ainsi que des mouvements mondiaux contre toutes les guerres et pour une paix juste.
Nous exigeons en particulier
- l’arrêt immédiat de toute coopération en matière d’armement et de défense, ainsi que de toute livraison de biens de guerre à des États belligérants tels que les États-Unis, Israël et la Russie ;
- la résiliation immédiate du contrat sur le F-35 et de l’acquisition des drones d’Elbit systems ;
- l’interdiction des livraisons d’armes à des États qui violent les droits humains ou arment des auteurs de génocides ;
- le dernier mot aux citoyennes et citoyens sur les budgets de réarmement et les mesures d’austérité,
- que les personnes qui refusent la guerre soient soutenues et que le statut de déserteur soit à nouveau un motif d’asile.
- la signature du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires
Nous concluons par un appel à toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles s’opposent à la restriction de l’accès au service civil et à la facilitation des exportations de matériel de guerre.
