17.04.2026. Ce midi, l’alliance à l’origine du référendum sur le matériel de guerre a déposé à la Chancellerie fédérale plus de 76 000 signatures contre l’assouplissement de la loi sur le matériel de guerre. Le peuple aura ainsi l’occasion, dès cette année, de se prononcer sur l’assouplissement des règles régissant les exportations d’armes suisses.
Après des années de bras de fer autour de cet assouplissement, le Parlement bourgeois est parvenu à un accord en décembre 2025 : cette modification accorde au Conseil fédéral davantage de compétences et de libertés en matière d’exportations de matériel de guerre. Les 25 pays «occidentaux» de l’annexe 2 – dont les États-Unis – bénéficient d’un passe-droit total et la déclaration de non-réexportation passe d’une pratique obligatoire à une simple option facultative. Cela revient à légaliser les transactions détournées pour les livraisons vers des pays en proie à une guerre civile et à des régimes autoritaires.
Cet assouplissement massif des réglementations existantes est poussé à l’absurde sur un point : il interdit explicitement la livraison d’armes à l’Ukraine, actuellement attaquée.
Contre ce projet, une large alliance regroupant environ 25 organisations a lancé un référendum le 7 janvier dernier. À l’expiration du délai, ce 17 avril, l’alliance peut se prévaloir d’avoir recueilli plus de 76 000 signatures. Le nombre élevé de signatures récolté pendant les mois d’hiver montre un signal fort : de nombreux·ses électeur·ice·s s’opposent à cette loi manifestement favorable à l’industrie de l’armement.
Aujourd’hui, lors du dépôt des signatures devant la Chancellerie fédérale, Priska Seiler Graf (conseillère nationale PS), Gerhard Andrey (conseiller national Les Verts), Andrea Zellhuber (terre des hommes schweiz) et Josef Lang (ancien conseiller national et membre du comité directeur du GSsA) ont toutes et tous souligné l’importance de ce référendum dans le contexte international actuel. La Suisse ne doit pas attiser les guerres dans le monde en livrant des armes à des régimes autoritaires.
Voici les déclarations des intervenant·e·s cité·e·s :
Priska Seiler-Graf, conseillère nationale PS/ZH :
« Cette révision n’est rien d’autre qu’une loi au service de l’industrie de l’armement. Elle ne profite qu’aux fabricants d’armes, affaiblit la neutralité et rend la Suisse coresponsable des souffrances et de la violence dans les régions en crise. Il est particulièrement choquant que des armes suisses puissent être livrées à des pays comme l’Arabie saoudite, mais expressément pas à l’Ukraine. »
Gerhard Andrey, conseiller national Les Vert-e-s/FR :
« La Suisse ne se protège pas, ni ne protège le monde, par des exportations d’armes incontrôlées, mais par le droit international, la médiation pour la paix et le renforcement des institutions internationales. »
Andrea Zellhuber, terres des hommes schweiz :
« Le référendum contre l’assouplissement des dispositions relatives aux exportations d’armes concerne également la crédibilité de la Suisse en tant que pionnière en matière de politique de paix et de principes humanitaires. En ces temps troublés, la Suisse ne doit pas renoncer à ses valeurs. L’interdiction de vendre des armes à des régimes autocratiques, à des États défaillants et dans des zones de conflit doit être clairement réglementée au niveau législatif. »
Josef Lang, ancien conseiller national et membre de la coordination du GSsA :
« Alimenter les guerres, en particulier les guerres civiles, porte atteinte à l’humanité et à la neutralité. »
Le vote sur le référendum sur le matériel de guerre aura lieu soit le 27 septembre, soit le 29 novembre. Le Conseil fédéral se prononcera sur cette question en mai.
Les photos sont disponibles sous ce lien.
