Dans une caricature répugnante, Swissmem, qui a aidé Poutine à s’armer, présente le GSsA comme un partisan de Poutine. Or, le GSsA lutte contre les guerres de Poutine et leurs complices suisses depuis janvier 2000. Josef Lang a rédigé son discours contre le coup de force pro-Poutine de Swissmem la veille de la parution de cette annonce mensongère dans la NZZ, le Tages-Anzeiger, Le Temps et, plus tard, dans le Sonntagsblick. Il y a fait référence lors du dépôt du référendum sur la terrasse du Palais fédéral.
Il y a exactement dix ans, le représentant de Swissmem au Conseil fédéral a fait dans ce bâtiment une déclaration qui résume bien la neutralité des nantis : « Et il ne doit pas y avoir de critères de contrôle idéologiques. »
Cette phrase s’adressait au SECO, qui avait agi correctement après l’annexion de la Crimée par Poutine au printemps 2014 : pas de biens essentiels à la guerre pour un seigneur de guerre. Il s’agissait avant tout de moteurs pour bombardiers ainsi que de machines spéciales pour missiles, armes guidées et armes à feu. Notamment en provenance des cantons de Saint-Gall et de Berne.
Jeu de pouvoir pro-Poutine
Swissmem, qui regroupe notamment l’industrie de l’armement directe et indirecte, s’est insurgée contre cette pratique de sanctions. Cette levée de boucliers s’est particulièrement intensifiée après la décision russe de l’automne 2015 de mener une guerre aérienne en Syrie contre le soulèvement populaire.
La guerre, c’est le profit ! Plus de guerre, c’est plus de profit !
En collaboration avec le PLR, Swissmem a mis en place un jeu de pouvoir massif en faveur de Poutine. En décembre 2015, une conseillère aux États libérale-radicale de Saint-Gall déposait une motion visant à assouplir la pratique relative aux biens à double usage. Elle s’inquiétait pour « la Suisse en tant que site industriel » et pour « les précieux emplois industriels ». Au printemps 2016, le conseiller fédéral compétent, originaire du canton de Berne, a désavoué le SECO, qui avait pour une fois agi correctement.
À chaque missile tiré contre des civil-es en Ukraine, à chaque coup de Kalachnikov, la question se pose : Poutine doit-il cela à Swissmem, à son PLR et à ses autres partenaires sous la coupole fédérale ?
Jeu de pouvoir pro-profit
Derrière l’actuel assouplissement de la loi sur le matériel de guerre se cache à nouveau un jeu de pouvoir massif pro-profit de Swissmem, qui a une fois de plus surtout mis le PLR à contribution. On tente à nouveau de détourner l’attention de la véritable motivation : les intérêts lucratifs de l’industrie de l’armement ET des victimes humaines.
Le fait est que la nouvelle loi augmente la probabilité que des armes suisses parviennent, via les Émirats, aux auteurs de massacres soudanais des Forces de Soutiens rapides. Il en va de même pour les armes suisses acheminées via l’Arabie saoudite dans la guerre civile yéménite. Ou pour les armes suisses acheminées via les États-Unis pour les crimes de guerre de l’armée israélienne.
Mais le plus gros mensonge de Swissmem et consorts a été l’affirmation cynique selon laquelle ce soi-disant «assouplissement» serait une question de solidarité avec l’Ukraine. Les moteurs et les machines spéciales servent encore aujourd’hui, chaque jour, la guerre de Poutine contre l’Ukraine.
Alimenter les guerres porte atteinte à l’humanité ET à la neutralité.
L’hypocrisie trumpiste
Chères et chers ami-es de la paix,
J’ai écrit ces mots hier soir, avant d’avoir connaissance de la pleine page de publicité de Swissmem. Le lien entre le jeu de pouvoir pro-Poutine et le jeu de pouvoir pro-profit est trop important pour ne pas être mentionné dans le contexte de la lutte contre la Lex Industrie de l’armement des profiteurs de guerre de Swissmem. Le fait que Poutine, notamment grâce à Swissmem, sème quotidiennement la mort, la souffrance et la destruction en Ukraine sera également un thème de la campagne référendaire.
Alors que Swissmem a soutenu le réarmement de Poutine, le GSsA a combattu les guerres de Poutine, le remplissage de son trésor de guerre et l’alimentation de sa machine de guerre. Les premières d’innombrables actions ont eu lieu en janvier 2000, soit il y a plus de 26 ans, dans différentes villes contre la guerre en Tchétchénie et son cofinancement par des banques suisses.
L’annonce publiée aujourd’hui par Swissmem, dans son hypocrisie grotesque, revêt des traits trumpistes. C’est aussi pour cette raison que l’automne en Suisse s’annonce comme les « Swissmem Midterms ».
Josef Lang, ancien conseiller national, Coordination du GSsA
