Transparence opaque

En automne dernier, un événement inédit s’est produit : deux secrétaires du GSsA ont rencontré le Chef de l’Armée et le chef du Personnel de l’armée pour discuter des effectifs de l’institution.

Tout d’abord, un petit rappel s’impose. Depuis des années, l’armée se plaint de problèmes d’effectifs. En même temps, début 2023, ses effectifs étaient plus hauts que ce qu’autorise la loi. Le GSsA a toujours critiqué ce point et a sans cesse demandé que l’armée soit transparente sur le sujet. Nous nous sommes donc rendus à cet entretien avec le mince espoir de pouvoir clarifier ce grand malentendu.

Nous sommes conscients qu’il ne va pas de soi que le Chef de l’armée prenne du temps pour rencontrer deux membres de notre groupe et nous lui en sommes reconnaissants. Après notre entretien, un certain nombre de questions restent toutefois encore ouvertes. Par manque de place, nous resterons brefs dans cet article. 

L’armée aurait pu instaurer beaucoup plus de transparence qu’elle ne l’a fait. Le fait qu’il n’y ait pas eu de recensement en 2023 en témoigne. Lors de notre entretien, on nous a dit que certaines astuces comptables étaient utilisées pour influencer le chiffre le jour J, mais que cela était normal.

Au fil des années, les explications manquantes du DDPS ont ainsi créé une marge d’interprétation que nous avons utilisée. Lors de notre rencontre, les représentants du DDPS nous ont expliqué que certaines informations que l’on retrouve notamment dans les articles en ligne de Republik n’étaient pas correctes. Ce sont ces articles qui ont lancé la discussion autour des effectifs trop élevés et c’est sur leurs chiffres que nous nous sommes basé·es. Le Chef de l’armée et son collègue nous ont dit qu’ils n’avaient pas l’énergie ou les moyens de courir après chaque chiffre ou recherche erronés. Pourtant, l’armée est une institution de la Confédération, qui engloutit chaque année des milliards d’argent public et qui astreint chaque citoyen au service obligatoire. Ne devrait-elle donc pas clarifier des situations qui ne le sont pas et corriger des recherches incorrectes, notamment lorsque l’armée a des effectifs plus hauts que ne le prévoit la loi et ce depuis trois ans ?

La question des effectifs de l’armée est loin d’être résolue. Au cours des prochaines années, nous devrons observer très attentivement comment les indications de l’armée évoluent sur ce point et dans quelle mesure ces indications sont utilisées dans des campagnes politiques (c.f. l’article de Lukas Stoffel à la page 4)