Une initiative pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien

Alors que le futur du peuple palestinien sera décidé, sans lui, par le «Comité de Paix» créé au WEF de Davos et dirigé par le président étasunien Donald Trump, l’initiative populaire fédérale «Pour la reconnaissance de l’État de Palestine» peut contribuer à modifier la politique de soutien unilatérale et honteuse de la Suisse au projet colonial d’Israël soutenu par Trump et Netanyahou.

78 ans après sa déclaration d’indépendance, l’État d’Israël et les États-Unis d’Amérique continuent à refuser le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. 77 ans après la reconnaissance de l’État d’Israël, le Conseil fédéral et la majorité de droite du parlement refusent toujours la reconnaissance de l’État de la Palestine.

Dans un monde où le droit international est piétiné chaque jour et le droit du plus fort s’impose partout avec les guerres et la militarisation globales, la Suisse doit soutenir au contraire le respect des droits humains et l’application des principes démocratiques fondamentaux de l’État de droit et du droit international.

Le droit à l’autodétermination des peuples fait partie de ces droits fondamentaux. Le droit à disposer de lui-même doit valoir aussi pour le peuple palestinien, comme pour tous les peuples du monde.

Sous prétexte d’attendre un traité de paix, la Suisse continue de cautionner dans les faits la politique israélienne qui empêche par tous les moyens la création d’un État palestinien.

Au lieu de reconnaitre l’État de Palestine comme l’ont fait 157 États dans le monde depuis la proclamation de l’État de Palestine en 1988, le blocage de la Suisse sur cette question et sur toute forme de pression sur Israël, favorise la continuation de l’occupation, de la colonisation, de l’Apartheid et du nettoyage ethnique, jusqu’au génocide de ces deux dernières années à Gaza. Cette politique est moralement indigne de la Suisse et elle est contraire aux principes démocratiques et des droits universels défendus par la Constitution et par une majorité de la Suisse.

La reconnaissance des droits égaux comme base de la paix

Une vraie paix en Palestine/Israël ne peut se construire que sur la base de la reconnaissance et de l’application des mêmes droits pour tous et toutes. Le «Plan de Paix» actuel adopté par Trump et Netanyahou nie les droits les plus élémentaires au peuple palestinien. Le refus de reconnaître les droits fondamentaux et d’appliquer le droit et la justice internationales en Palestine/Israël empêchent toute solution de paix juste et de vie dans la dignité et la sécurité pour tous les peuples du Proche-Orient.

Deux États ? Un seul État ?

La reconnaissance de l’État de Palestine est un préalable indispensable à toute construction d’une paix juste et durable. Il ne peut pas y avoir de négociation équitable entre un État reconnu et un État qui ne l’est pas. Ce n’est pas au peuple suisse ni à aucun autre de décider de la solution de paix à un ou deux États. Ce choix ne pourra se faire qu’avec l’exercice du droit à l’autodétermination des deux peuples, par le libre choix et sur la base de l’égalité des droits pour tous peuples concernés sur la même terre.

Un large débat publique en vue de la votation est nécessaire

Cette initiative populaire a des chances de succès au moins en Suisse romande et au Tessin. Un large débat de société est indispensable pour changer l’actuel soutien unilatéral de la Suisse aux politiques coloniales d’Israël et impérialistes des Etats-Unis. Les majorités de droite au parlement suisse et au Conseil fédéral persistent à soutenir les politiques d’Israël et des États-Unis qui refusent de reconnaître le droit à la liberté et à l’autodétermination du peuple palestinien. Une campagne politique nationale avec une votation populaire à la clé qui a quelques chances de succès sont aujourd’hui le seul moyen à même de modifier la position de soutien unilatéral et contraire à la neutralité de la Suisse en faveur d’Israël et des Etats-Unis.