Une stratégie incohérente : le GSsA prend position sur la Stratégie de politique de sécurité 2026

Dans le cadre de la consultation sur la Stratégie de politique de sécurité de la Suisse, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) prend également position. Le GSsA salue l’approche de «sécurité globale», mais critique la forte orientation militaire du document et le fait qu’une multitude d’analyses pertinentes ne soient pas suivies de mesures concrètes. En bref : la stratégie risquede n’être qu’un coup d’épée dans l’eau, son contenu est en partie défendable, mais il nes’accompagne d’aucune conséquence concrète.

La présente stratégie dresse un état des lieux de la situation actuelle en matière de sécurité. L’analyse va au-delà des menaces purement militaires et intègre, au moins dans une certaine mesure, des risques tels que les nouvelles technologies ou le changement climatique. Le GSsA apprécie tout particulièrement le rôle central accordé à la résilience ainsi que la mention d’un éventail plus large de valeurs et d’intérêts de la Suisse, tels que l’État de droit, les droits de l’homme, le droit international ou encore la protection du climat, comme le souligne la stratégie. De même, la référence à une « sécurité globale » et donc à une conception holistique de la sécurité est jugée positive. Cependant, cela ne se reflète pas dans les mesures proposées, ce qui mérite d’être critiqué. « La stratégie de politique de sécurité se lit bien dans l’ensemble : des menaces telles que la crise climatique, la désinformation ou les cyberattaques y trouvent leur place. Mais lorsqu’on consulte les mesures énumérées, on constate rapidement un manque de cohérence. Les paroles et les actes ne semblent pas coordonnés. » remarque Rayyân Rehouma, secrétaire politique du GSsA.

Compte tenu de la politique de sécurité actuelle, principalement axée sur l’aspect militaire, le GSsA a du mal à placer de grands espoirs dans la stratégie proposée. Rayyân Rehouma ajoute : « Il y a une certaine ironie à ce que la stratégie actuelle présente la coopération au développement et le droit international comme des piliers, alors que ces deux éléments sont sapés dans la pratique politique. On peut citer comme exemples les coupes massives en faveur de l’armée ou encore la non-ratification du Traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires. » Le GSsA en conclut notamment qu’il manque toujours une analyse objective des menaces. 

Dans sa prise de position, le GSsA critique également la marginalisation du risque sécuritaire que représentent les États-Unis. Les dernières semaines et les derniers mois ont clairement montré que les États-Unis mènent des guerres de désinformation, commerciales et conventionnelles contre l’Europe et/ou en Asie occidentale. La coopération de la Suisse avec les États-Unis, notamment dans le domaine de l’armement, est particulièrement honteuse pour la Suisse. Le GSsA déplore cette cécité partielle à l’égard des États-Unis.

Outre de nombreuses propositions d’amendements (voir la prise de position complète), le GSsA soulève au moins deux points concrets et urgents : d’une part, il convient d’attribuer un rôle plus important au service civil, qui n’est mentionné que deux ou trois fois à peine dans la version actuelle. Pour le GSsA, il ne fait aucun doute que le service civil revêt une importance considérable en matière de sécurité. D’autre part, la question des violences sexistes et sexuelles est totalement absente de la stratégie de sécurité actuelle. Compte tenu de l’ampleur de ces violences à l’égard des femmes et des minorités de genre, il nous semble impératif d’intégrer les violences sexistes et sexuelles comme un risque pour la sécurité nécessitant des mesures concrètes. 

Vous trouverez d’autres critiques et suggestions dans la réponse complète à la consultation du Groupe pour une Suisse sans armée, disponible ici.