Le 27 septembre 2020, le corps électoral suisse acceptait par 50,14% d’acheter de nouveaux avions de combat.
50,14% contre 49,86%, ce sont exactement 8’670 voix qui ont fait pencher la balance.
Sauf que, les révélations récentes sur la manière dont la population a été informée rendent ce résultat pour le moins discutable.
Il l’est d’autant plus pour la population genevoise qui avait refusé l’achat de nouveaux engins par 62,77% des votant.e.s ; en effet à l’exception de Collonges-Bellerive, Cologny et Vandoeuvres toutes les communes genevoises s’étaient opposées à ce projet.
Dans certains bureaux électoraux -Mail-Jonction, Cluse-Roserie, Prairie- ce sont pratiquement trois électeurs ou électrices sur quatre qui avaient refusé cet achat. ET pour cause : c’est en effet dans ces quartiers populaires que les choix budgétaires en faveur de l’armée ont des conséquences concrètes sur la population.
Au moment où le Conseil fédéral et la majorité des Chambres octroient des centaines de millions à l’armée et en exigent un millier d’autres pour les années qui viennent, la manière dont l’opinion publique peut se faire une opinion n’est de loin pas secondaire.
Le peuple a droit à une information complète pour pouvoir se faire une opinion : les omissions, les mensonges et les cachotteries sont contraires à la formation de l’opinion.
Or, cela a largement présidé à la formation de celle qui, en septembre 2020, a contribué pour une poignée de voix à l’adoption de l’arrêté fédéral.
Aujourd’hui, à la lumière des révélations récentes et des suppositions sur les dépassements de crédits, les sondages disponibles indiquent que plus des trois quarts des électeurs et électrices du pays s’opposent au F-35. Dans ce contexte, il est indispensable que le gouvernement cantonal intervienne auprès du Conseil fédéral au nom de la majorité écrasante du corps électoral genevois pour exiger l’invalidation des résultats de la votation du 27 septembre 2020.
Représentant du Canton tout entier, le Conseil d’État doit se faire l’interprète de la volonté populaire et de l’écrasante majorité des communes -et pas de trois communes cossues, ghettos pour riches- en exigeant du gouvernement fédéral une démarche respectueuse du droit pour les électrices et électeurs d’être informé.e.s sans omissions ou mensonges.
Communiqué de presse du GSsA – Groupe régional de Genève
Le jeudi 10 juillet 2025
