Budget militaire en hausse, tensions sociales en bas

Alors que le Conseil fédéral et le Parlement persistent dans une politique budgétaire militariste au détriment des besoins de la population, la fracture sociale s’agrandit en Suisse. L’augmentation continue du budget militaire, présentée comme une réponse « nécessaire » à un contexte international instable, a pourtant des répercussions bien concrètes à l’intérieur du pays.

En Suisse romande, les grèves et mobilisations se multiplient. Personnel de la santé, enseignant·es, employé·es des transports ou du secteur social dénoncent des conditions de travail dégradées, des salaires insuffisants et un manque chronique de moyens. Ces mouvements ne sont pas isolés : ils traduisent un malaise profond face à des choix politiques qui sacrifient les services publics et la cohésion sociale au nom d’une prétendue sécurité militaire.

Dans ce contexte, l’augmentation massive du budget de l’armée apparaît comme un symbole frappant de cette inversion des priorités. Des milliards sont débloqués sans réel débat démocratique, tandis que les revendications sociales sont renvoyées à plus tard ou qualifiées d’irréalistes. La sécurité, pourtant, n’est pas  la défense armée : elle passe par des hôpitaux qui fonctionnent, des écoles correctement financées et des conditions de travail dignes. Chose que la majorité de droite aux commandes semble ignorer.

Le projet d’acquisition des avions de combat F-35 illustre parfaitement cette fuite en avant. Présenté comme une solution « clé en main », il se révèle chaque jour davantage problématique. Retards, incertitudes sur les coûts réels (mais certitude qu’ils seront élevés), dépendance technologique accrue vis-à-vis des États-Unis : autant de problèmes évidents auxquels on évite pourtant de s’atteler. À cela s’ajoute l’évolution du contexte international, dans lequel le F-35 est conçu avant tout comme un outil d’intégration dans des stratégies militaires offensives des USA, loin de la neutralité que la Suisse prétend encore défendre.

Pendant que les autorités s’emploient à sécuriser des contrats d’armement à long terme, les travailleurs et travailleuses doivent se battre pour maintenir des acquis sociaux essentiels. Ce contraste alimente la colère et explique en partie l’écho puissant des mouvements de grève, qui ont mobilisé des milliers de personnes durant des semaines. Il ne s’agit pas d’une attaque au partenariat social comme le prétend le camp bourgeois, mais d’une exigence de justice et de cohérence.

Le GSsA le rappelle depuis des années : investir toujours plus dans l’armée n’apporte ni stabilité sociale ni véritable sécurité. Au contraire, cela accentue les inégalités et détourne des ressources indispensables à une société solidaire et résiliente. Face aux défis actuels, la Suisse a besoin de choix politiques courageux : moins d’armement, plus de dialogue social, et une sécurité pensée pour et avec la population.

Un membre du GSsA