15.09.2026. Le programme d’acquisition du F-35 traverse une crise si grave que la seule solution raisonnable est désormais d’y mettre fin. Le Parlement peut exercer une pression en rejetant tous les contrats d’armement jusqu’à ce que l’affaire du F-35 soit réglée.
Il y a un peu plus d’un an, le PS, les Verts et le GSsA déposaient une pétition demandant l’annulation du contrat sur le F-35. Elle était intitulée : « Mieux vaut une fin dans l’honneur qu’une horreur sans fin. » Elle soulignait les coûts exorbitants et le risque sécuritaire lié aux États-Unis. Avant-hier, la SonntagsZeitung titrait : « Il est temps d’en finir, même si c’est dans la douleur. » Son rédacteur en chef a exigé l’annulation des commandes de F-35 et de missiles Patriot. L’une des raisons invoquées était la suivante : « Le coût total, munitions et infrastructures comprises, pourrait s’élever à 10 milliards. » Et les missiles Patriot pourraient eux aussi coûter trois fois plus cher que les 2 milliards initialement convenus.
À cela s’ajoute le fait que cet été a mis en évidence quel est, de loin, le plus grand problème de sécurité pour le monde et pour la Suisse, pays alpin : le réchauffement climatique. La lutte contre le changement climatique et l’atténuation de ses conséquences nécessitent bien plus d’argent que ce qui a été dépensé et décidé jusqu’à présent.
La grande majorité de la population est favorable à l’arrêt immédiat du projet F-35, qui s’est soldé par un échec. Le Parlement est aujourd’hui mis au défi, d’une part, de se conformer à cette volonté populaire en refusant d’approuver l’arrêté fédéral relatif à l’acquisition des avions de combat F-35A et en supprimant tous les crédits liés au F-35 dans le programme immobilier. Et deuxièmement, le Parlement est appelé à exercer une pression bien plus forte sur le Conseil fédéral pour obtenir un retrait total de l’accord sur les F-35. Il peut le faire en rejetant tous les crédits d’armement à venir – aujourd’hui, l’arrêté fédéral relatif au programme d’armement 2026 – tant que l’accord sur les F-35 n’aura pas été annulé.
La fin de l’accord sur le F-35, tout comme l’arrêt de l’affaire Patriot, ne constitueraient pas seulement un soulagement financier. Elles faciliteraient également le débat sur une politique de sécurité et de paix sensée.
