Ces derniers mois, les événements liés à l’acquisition de l’avion de combat F-35 se sont succédé à un rythme effréné, les scandales se multipliant. Au début de l’année, un sondage représentatif a fait sensation : plus de 80 % de la population suisse s’oppose à l’achat du F-35. Les raisons sont évidentes. Non seulement cet avion est le projet d’armement le plus cher de l’histoire de la Suisse, mais il est également absurde sur le plan de la politique de sécurité.
Les arguments contre le F-35 sont nombreux et graves. Cet avion est conçu pour des missions d’attaque, et non pour la défense d’un pays neutre. Il est techniquement très complexe, sujet à des pannes et son entretien coûte extrêmement cher. De plus, en achetant le F-35, un pays se place dans une situation de dépendance directe vis-à-vis des États-Unis. Ces inconvénients ont conduit même des pays membres de l’OTAN, tels que le Canada, le Portugal ou le Danemark, à envisager sérieusement de se retirer du contrat.
Au printemps, avec nos organisations partenaires de l’alliance Stop F-35, nous avons demandé au Conseil fédéral, dans une pétition soutenue par plus de 42 000 personnes, de se retirer immédiatement du contrat. Mais à peine les signatures avaient-elles été remises qu’un nouveau scandale éclatait : le « prix fixe » promis par la conseillère fédérale Viola Amherd s’est finalement révélé être un château en Espagne. Ce que nous, ainsi que des experts en armement américains et même le Contrôle fédéral des finances, avons répété à maintes reprises dans le passé ne peut plus être nié : la Suisse devra payer le même prix que les États-Unis pour le F-35. Le coût réel de cet avion de combat n’est pas encore connu, mais il dépassera largement les 6 milliards de francs approuvés par le peuple lors du référendum.
Au lieu d’assumer ses responsabilités, le Conseil fédéral parle d’un « malentendu » qu’il souhaite clarifier lors de négociations ultérieures. Il n’assume aucune responsabilité politique, s’accroche au contrat et espère que la tempête passera. Particulièrement cynique : les principaux responsables – la conseillère fédérale Viola Amherd, le chef de l’armée Thomas Süssli et les responsables des achats d’armement d’Armasuisse – ont déjà « réorienté leur carrière » avant même que l’explosion des coûts ne soit connue. Les responsables politiques prennent la poudre d’escampette – et c’est la population qui paie la note.
L’avenir du contrat d’armement le plus coûteux de Suisse est actuellement incertain. Mais une chose est sûre : le GSsA restera vigilant. Nous continuerons à nous opposer de toutes nos forces à cette acquisition. Nous maintiendrons la pression politique et publique et utiliserons tous les moyens démocratiques nécessaires à cette fin. Car une politique de sécurité crédible n’a pas besoin de F-35, mais de transparence, de responsabilité et d’une véritable politique de paix.

